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FEFE NOTRE MULETIER DU 65

MULETIERS DU 65 : UNE VIDEO EMOUVANTE  (en 2 parties) 

A la mémoire de Frédéric Serres

ANES DES PYRENEES

Serge Dulout

MULETIERS DU 09

Benoît Roux, Olivier Denoun et Christian Bestard
Rediffusion du 20 avril 2014
Olivier Courthiade est un personnage hors du commun, comme on en rencontre peu, et qui vous marque à vie. Né à Toulouse dans le quartier d’Arnaud Bernard, quartier des halles, des chevaux, et des ariégeois rapatriés. Au lycée Pierre de Fermat, on le qualifie de poète et de paysan. A 13 ans, le voilà Ariégeois d'adoption, dans la haute vallée de l’Arize, à Nescus, épris de son pays, ses montagnes, son patrimoine et ses langues. Très sensible à la danse et à la musique, il aurait pu en faire sa passion et son métier si les réalités familiales ne l'en avaient pas empêché.
Alors il est devenu paysan, avec diverses activités. Mais toujours artiste.
A la ferme de Méras, pas de moteur, rien que des bêtes, du savoir faire, de l’huile de coude et de la traction animale. Il y a aussi des humains, souvent blessés du cœur ou de la tête et qui trouvent là un refuge, de l'écoute et des raisons d'exister. De quoi se sentir utile.
Au moment de tirer sa révérence, c’était l’occasion de lui tirer un portrait sensible, de découvertes en découvertes, au gré des hommes, des animaux, des arts…
Le concerto d’un personnage haut en sensibilité, plusieurs cordes à son ART et le métronome du cœur.

la vidéo :

Olivier Courthiade a prêté sa plume au quatrième carnet de montagne qui est sorti il y a quelques jours aux éditions du Refuge. L’occasion de découvrir le parcours multifacettes de cet Ariégeois de cœur.

Quand il parle de sa vie, Olivier Courthiade semble lire un roman. À 60 ans, cet agriculteur installé à Nescus, dans le pays de Foix, a un parcours aux facettes multiples. Né à Toulouse, en 1953, il passe son enfance dans le quartier grouillant d’Arnaud-Bernard. Tous les jours, il voit passer les chevaux qui livrent les halles. C’était «l’époque du forgeron, du marchand de quatre saisons, ou encore de Martha la Corse, la poissonnière, dont on ne savait dire si elle était fille de joie ou dresseuse de tigres.» Très jeune, Olivier se passionne pour la danse classique. «Danser, c’était comme voler pour moi. Mais pour mon père, un garçon, ça ne dansait pas.» Alors lycéen à Pierre-de-Fermat, à Toulouse, un professeur confie à ses parents : «votre fils est un poète et un paysan». Poète n’étant pas un moyen de gagner son pain, il part donc en Ariège faire ses études au lycée agricole. Son rêve ? Dresser des éléphants. À défaut de pachydermes dans le département, l’intérêt d’Olivier Courthiade se porte alors sur les chevaux, les bœufs et autres animaux de grosse envergure.

Préserver le mérengais

À 17 ans, il prend à cœur de faire revivre la race du cheval de Mérens. Il entre en contact avec Lucien Lafont de Sentenac, Ariégeois de vieille souche et officier des haras nationaux d’une autre époque. «Quand j’ai vu l’état de déliquescence de la race, mon sang bouillonnant d’adolescent de 17 ans n’a fait qu’un tour. Pour les Ariégeois, j’étais un petit con de Toulousain venu faire la révolution. Personne n’y croyait plus. Il restait 40 juments et 3 mâles recensés.» Il s’évertue à inscrire dans le livre généalogique du cheval de Mérens toutes les bêtes encore non recensées. Il pense les choses en grand et a plein d’idées. «L’époque s’y prêtait, c’était la renaissance de l’équitation loisirs.» Mais un mauvais coup dur, qu’il juge politique, l’évince de cette entreprise. Aujourd’hui, il tient encore le livre généalogique du cheval castillonnais et de la vache Casta. En 2011, son investissement dans la sauvegarde des races en voie d’extinction lui vaut la reconnaissance du ministère de l’Agriculture qui l’élève au grade d’officier du Mérite agricole.

Un pas dans le cinéma

Dans le même temps, il se passionne pour le dressage des chevaux, mulets et bœufs. Il met d’ailleurs un pas dans le monde du cinéma en prêtant ses services pour des films comme «Cyrano de Bergerac», «Les Visiteurs», «La Guerre des Demoiselles» ou «Le Retour de Casanova», avec Alain Delon. «Vous savez, il n’y a pas beaucoup de monde qui possède encore des bœufs dressés.» Aujourd’hui, il dresse toujours quelques animaux et donne des cours. «Mais je commence à me faire vieux. J’ai eu 26 fractures… Je cherche à passer la main.»

L'amour de la création

Outre les animaux, Olivier Courthiade a une autre passion : créer. Il écrit, joue du piano et cuisine. «J’ai toujours eu une envie incoercible de raconter des choses.» Il a déjà publié trois ouvrages et s’apprête à en sortir un autre sur le cheval mérengais en 2014. En novembre, les éditions du Refuge ont publié leur quatrième carnet de montagne dont il est l’auteur. «Je suis également en train d’écrire un bouquin sur les mulets, sous forme de lettres à un ami belge, avec des recettes de cuisine des Pyrénées à la fin de chaque missive.» Depuis quelques années, Olivier Courthiade laisse également libre cours à une énième passion : la cuisine. En tenant une chambre d’hôtes, il bichonne ses invités à coups de petits plats «ethniques». «J’aime la cuisine locale, d’où qu’elle vienne.» Et quand il lui reste encore un peu de temps, Olivier en profite pour s’installer au piano et revisiter des classiques. «Un paysan-poète» avait dit son professeur. Il avait vu juste.


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